Après Dollhouse, Joss Whedon se raccroche à la toile
Sept ans après le fiasco de Firefly (série de SF sacrifiée après 15 épisodes diffusés n’importe comment), l’histoire se répète pour Joss Whedon avec Dollhouse, dont le sort a été scellé par la Fox en janvier. Verdict : au placard. Traumatisé par cette expérience, le maître de la culture geek pourrait ne jamais se relancer dans un projet de série pour le petit écran.
Dollhouse, un diesel fait pour le câble
Après toutes ces années passées à bosser pour la télé, Joss Whedon n’a toujours pas compris que ses projets ne sont pas adaptés à des chaînes grand public. Sans doute dans l’espoir de toucher le plus de monde possible, le scénariste a persisté dans cette voie en imposant Dollhouse à une Fox réticente. Ambitieuse aussi bien sur la forme que le fond, Dollhouse et sa quête identitaire matinée de fantastique s’est faite coupée l’herbe sous le pied dès son pilote. Jugé trop sombre par la Fox, il a du être retravaillé par Joss Whedon. Résultat : des premiers épisodes inintéressants sans fil conducteur.
Dollhouse devient vraiment passionnante à la fin de la saison 1 avec l’épisode Epitaph One, resté inédit à la télé. Le sujet de la série – sans doute trop philosophique et orienté « geek » – ne touche pas les téléspectateurs. Seuls 2,2 millions de fidèles répondent à l’appel de Joss Whedon, un score trop bas pour espérer une saison 3 sur un grand network américain. Le génie créatif du papa de Buffy ne possède pas l’universalité d’un JJ Abrams, faiseur de blockbusters version série. La fin de la saison 2 de Dollhouse, époustouflante, prouve que le fond du problème n’est pas la qualité artistique du show, mais sa place sur le petit écran. Les aventures d’Echo auraient sans doute duré bien plus longtemps sur une chaîne du câble type SyFy, le tout sans souffrir de censures.
Le retour de Dr. Horrible
Le mal a été fait pour Dollhouse. Ce deuxième échec reste en travers de la gorge de Joss Whedon, qui a déclaré ne plus vouloir travailler pour la télévision. Espace de création plus libre que la télé, Internet pourrait devenir le nouveau royaume du roi des « geeks » via un format qui rencontre de plus en plus de succès : la websérie. Le succès en 2008 de son déjanté Doctor Horrible’s Sing-Along Blog lui a ouvert les portes d’un univers aux possibilités artistiques infinies. Avec Neil Patrick Harris (le Barney d’How I Met Your Mother) dans le rôle titre, cette websérie raconte sous forme de comédie musicale les déboires d’un aspirant méchant qui se prend quotidiennement des raclées par le super-héros Captain Hammer (Nathan Fillion).
Hilarante, inventive et récompensée d’un Emmy Award, cette mini-série de trois épisodes de 10 minutes a remporté un énorme succès sur la toile. A la fin du mois de janvier, Joss Whedon a annoncé qu’il planchait sur une suite des aventures de Billy/Doctor Horrible. Le scénariste maudit de la Fox réfléchit aussi au développement d’un autre projet mystère sur le web. Aussi séduisant que puisse être ce nouveau format, il possède des limites. L’audience n’a rien à voir avec celle d’une chaîne de télé, câblée ou non. Quant au budget d’une websérie, même signée Joss Whedon, il est limité. Cela posera forcément des soucis à un artiste dont les Å“uvres baignent dans l’univers SF. En attendant de meilleures nouvelles côté télé, c’est bien sur internet qu’il faudra surfer pour découvrir les prochaines aventures artistiques de Joss Whedon.
Dollhouse (2009/2010)
Doctor Horrible’s Sing-Along Blog (2008)
Firefly (2002)
Angel (1999/2004)
Buffy contre les Vampires (1997/2003)
*Voir aussi : dans coffret DVD les DVD Buffy , DVD Angel, et DVD Firefly







Joss whedon est un bon createur et ceux de la Fox ne regarde pas au dela il manque cruellement d’intelligence artistique….courage joss whedon