Robert Downey Jr, un acteur rock
La sortie d’une nouvelle adaptation ciné des aventures de Sherlock Holmes ce mercredi 3 février est l’occasion de revenir sur le parcours de Robert Downey Jr. Véritable rock star, charismatique et excessive, l’acteur imprime la pellicule comme personne. Un talent inné bien souvent gâché par ses addictions aux drogues et à l’alcool.
Un regard, un sourire, une présence… Il suffit d’une scène à Robert Downey Jr. pour marquer les esprits. Sans forcer, il impose dans tous ses films un style bien particulier, cool, viril et habité. Fils de réalisateur (Robert Downey Sr.), l’acteur-né n’a jamais brillé à l’école, mais il s’est vite rattrapé. Dès ses débuts au ciné, le jeune homme se met les critiques dans la poche. Il se fait remarquer à la fin des années 80 en interprétant un cocaïnomane dans l’adaptation du livre de Breat Easton Ellis, Neige sur Beverly Hills (Less Than Zero). Un rôle que l’acteur maîtrise à la perfection, et pour cause : né dans une famille d’artistes et baba-cool sur les bords, il a plongé très tôt dans la drogue. La légende veut qu’il ait fumé son premier joint à l’âge de 6 ans…
Ce comportement autodestructeur, sans doute hérité de son père, Robert Downey Jr. a bien du mal à s’en défaire. En dépit de ses interprétations acclamées par la critique dans Air America, Tueurs Nés ou encore Charlie Chaplin, l’acteur commence à toucher le fond. Au sommet de son art dans les années 90, il parfait sa réputation de bad boy à coup de shoots d’héroïne et autres drogues dures. Arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, le comédien habité semble perdu dès que la caméra cesse de tourner. Paradoxalement, malgré ses déboires, pas un an ne se passe sans qu’il soit sollicité : Robert Altman, Mike Figgis, Neil Jordan ou James Toback lui font confiance.
Lassée par ses addictions, sa compagne Sarah Jessica Parker finit par le quitter après 8 ans de vie commune. Au début des années 2000, Robert Downey Jr. est connu comme le loup blanc dans la profession, et étiqueté « brillant mais impossible à gérer ». David E. Kelley, créateur d’Ally Mc Beal ( les 5 saisons sont dispo en coffret DVD), lui offre un rôle récurrent dans le show. Comme d’hab, le charme viril de l’acteur allié à sa sensibilité séduisent tout le monde. Le psychologue Larry Paul devient le grand amour d’Ally (derrière Billy tout de même!). Totalement irrésistible, Robert Downey Jr pousse la chansonnette dans un des épisodes les plus émouvants de la série :
Les fans d’Ally Mc Beal ont totalement adopté Larry, qui réussit presque à nous faire oublier l’histoire impossible avec Billy. La célibattante rêveuse aurait-elle finalement trouvé chaussure à son pied ? Robert Downey Jr., qui décroche un Golden Globes pour ce rôle, décide que non. L’acteur embrasse une nouvelle fois ses démons. Dans la série (un peu comme dans la vie), le personnage de Larry Paul s’enfuit comme un lâche à l’autre bout du pays. Une nouvelle fois complètement paumé, il se sépare de sa première femme, Deborah Falconer. Les années 2000 s’annoncent très très mal. La rumeur court : Robert défoncé, Robert de nouveau arrêté, Robert rentre chez lui tellement soûl qu’il se pieute dans le lit de ses voisins qui le prennent pour un vagabond….
Et pourtant, même s’il joue dans des films plus confidentiels (voir le génial Wonder Boys où il interprète un éditeur gay in love de Tobey Maguire), Robert Downey Jr. continue de tourner !! Un petit miracle vu le statut de toxico récidiviste du bonhomme. Petit à petit, l’acteur regagne la confiance de ses pairs : Mathieu Kassovitz (Gothika), Shane Black (Kiss Kiss Bang Bang), George Clooney (Good Night, and Good Luck) et même David Fincher (Zodiac) l’engagent et ne sont jamais déçus. Même dans des films moyens, ses performances relèvent le niveau.
Connu des cinéphiles, oublié du grand public, Robert Downey Jr. convainc en 2008 Jon Favreau et les studios Marvel (pas une mince affaire) : il s glisse dans la peau de Tony Starck, alias Iron Man. Banco ! L’acteur interprète ce super-héros festif et bagarreur avec classe et décontraction. Nouveau sex-symbol à 40 ans, le comédien rapporte pleins de sous au studio, qui ne veut plus le lâcher. Iron Man 2 sortira en avril 2010 et Iron Man 3 est déjà prévu pour 2011. Parallèlement à ce blockbuster, le comédien se moque de lui-même (des types à oscars plus précisément) dans le délirant Tonnerre sous les Tropiques, de Ben Stiller.
En 2009, Robert Downey Jr. donne la réplique à Jamie Foxx dans Le soliste. Avant la sortie d’ Iron Man 2 début avril, il revient cette semaine sous les traits du légendaire détective anglais Sherlock Holmes. Flanqué d’un type presque aussi cool que lui (Jude Law), Robert Downey Jr. interprète un Sherlock ultra-moderne, autant dans le look rock-bohème que dans l’attitude boderline. Il remporte le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie pour ce rôle qui lui va comme un gant. Apparemment tiré d’affaire côté dope, il coule des jours heureux avec sa femme, Susan Downey. Ne reste plus qu’un Oscar pour parachever la belle histoire de ce survivant : nominé deux fois (pour Tonnerre sous les tropiques et Chaplin), Robert Downey Jr. attend toujours…
Filmographie sélective
* 1983 : Baby It’s You, de John Sayles
* 1985 : Une créature de rêve (Weird Science), de John Hughes
* 1986 : America, de Robert Downey Sr.
* 1987 : Le Dragueur (The Pick-up Artist), de James Toback
* 1987 : Neige sur Beverly Hills, de Marek Kanievska
* 1990 : Air America, de Roger Spottiswoode
* 1992 : Chaplin, de Richard Attenborough
* 1993 : Short cuts, de Robert Altman
* 1994 : Tueurs nés, d’Oliver Stone
* 1997 : Pour une nuit… (One Night Stand), de Mike Figgis
* 1997 : Two Girls and a Guy, de James Toback
* 1998 : The Gingerbread Man, de Robert Altman
* 1998 : U.S. Marshals, de Stuart Baird
* 1999 : Prémonitions, de Neil Jordan
* 1999 : Black and White, de James Toback
* 2000 : Ally McBeal, de David E. Kelley (série TV)
* 2000 : Wonder Boys, de Curtis Hanson
* 2003 : The Singing Detective, de Keith Gordon
* 2003 : Gothika, de Mathieu Kassovitz et Thom Oliphant
* 2005 : Kiss Kiss Bang Bang,de Shane Black
* 2005 : Good Night, and Good Luck, de George Clooney
* 2006 : Fur, de Steven Shainberg
* 2007 : Zodiac, de David Fincher
* 2008 : Iron Man, de Jon Favreau : Tony Stark
* 2008 : Tonnerre sous les Tropiques, (Tropic Thunder), de Ben Stiller
* 2009 : Le Soliste, de Joe Wright
* 2009 : Sherlock Holmes, de Guy Ritchie



