Marie NDiaye reçoit le prix Goncourt 2009
Le prix Goncourt fût décerné ce lundi 2 novembre 2009. Ce prix littéraire français prestigieux, récompense des auteurs d’expression française et cela une fois par an. Après l’auteur Atiq Rahimi et son roman, Syngué Sabour, le choix fût porté vers Marie NDiaye, femme de lettres française, pour son roman Trois femmes puissantes. Retour sur un parcours étonnant.
L’histoire de Marie NDiaye
Née le 4 juin 1967 à Pithiviers dans le Loiret, d’un père sénégalais et d’une mère française, elle passe toute son enfance dans la banlieue parisienne. Son père quitte la France pour l’Afrique alors qu’elle n’a qu’un an. C’est sa maman, professeur de sciences naturelles, qui l’élève seule, avec son grand frère, Pap Ndiaye.
Elle commence à écrire très tôt, vers 12-13 ans. Repérée vers 17 ans par Jérôme Lindon, fondateur des Editions de Minuit, elle publie son premier ouvrage « Quant au riche avenir ». Dès lors, la quinzaine littéraire souligne son talent en vantant ses qualités d’écrivain en exprimant son esprit mature et réaliste. Suite à cette publication, elle ne tarde pas à rencontrer son mari, l’écrivain Jean-Yves Cendrey et obtient une bourse pour aller étudier un an à la Villa Médicis à Rome.
La rencontre avec son père au Sénégal (vers l’âge de 22 ans) marque son esprit et le point de départ de cette interrogation permanente face à son pays d’origine, dont elle ignore tout et en même temps qu’elle affectionne. Une ambivalence constante qui marque la source de son inspiration et la construction de sa personnalité à fleur de peau.
Côté littéraire, elle reçoit le prix Fémina en 2001 avec son roman « Rosie Carpe ». Avec 12 romans et nouvelles, 6 pièces de théâtre et deux romans jeunesse, Marie NDiaye n’a pas débuté hier, elle commence tout simplement à sortir de l’ombre.
« Trois femmes puissantes », prix Goncourt 2009
C’est un roman profond et puissant, qui marque un retour aux sources pour Marie NDiaye. En effet, c’est l’histoire de trois femmes, toutes trois originaires du Sénégal, qui vont chacune à leur manière se poser la question de la perversité, du mal et de la liberté. Autrement dit, comment les êtres peuvent laisser le malaise des autres s’infiltrer en eux et reprendre peu à peu la possession de leur propre vie. Pour Norah, l’avocate qui retourne au Sénégal après des années d’absence, c’est la personne du père et sa fausseté, son égoïsme, son double crime caché. Pour Fanta, la femme de Rudy Descas, c’est le mensonge encore : celui de son mari qui, ayant « depuis longtemps perdu tout honneur », lui a caché les véritables motifs de leur départ du Sénégal et les conditions dans lesquelles ils rentreraient en France. Pour Khady enfin, la jeune femme rejetée par sa belle-famille, c’est la cupidité, la violence et l’humiliation, mais aussi les trahisons auxquelles sont soumis ceux qui tentent de passer les frontières sans papiers.
Les personnages de l’auteur – comme à son habitude – doutent, s’égarent et flirtent avec les frontières du bien et du mal. L’écriture de Marie NDiaye s’envole et frise la perfection dans ce livre à la fois dérangeant et empreint de réalisme.
A lire…
C’est avec ce roman que Marie Ndiaye s’est fait connaître. Un regard porté sur la crise d’adolescence aigu, drôle et sérieux. Son style s’exprime assez tôt et sa maturité étonne. A lire aux Editions de Minuit, 1985.
Ce roman lui a valu le prix Femina en 2001. C’est une histoire folle racontant la vie de Rosie Carpe (originaire de Brive-la-Gaillarde) qui vit entre frère Lazare et ses deux parents Carpe qui sont encore, alors, dépourvus de toute espèce de fantaisie vénéneuse. Elle quitte la ville et débarquera plus tard en Guadeloupe.Commence alors une vie d’adulte pour l’héroine, entre chavirements et recherche d’identité.






