Braquo : et la série policière française fut…
Avec Braquo, création originale de Canal+ dont la première saison vient de se terminer, Olivier Marchal a foutu une claque à toutes les autres productions françaises du genre. L’ancien flic devenu réalisateur et scénariste pour la télé et le ciné a réussi quelque chose de rare : réconcilier la critique et les téléspectateurs. Pour réaliser ce petit miracle, Olivier Marchal n’a rien laissé au hasard.
Les méthodes du ciné appliquées à la série TV
Les dvd séries tv pullulent et sont devenues de véritables références. Le secret : transposer la qualité ciné sur la petit écran. En France, TF1 a clairement raté le coche en tentant bêtement de dupliquer des concepts US à succès (comme RIS Police Scientifique, très pâle copie des Experts). Merci, tout de même ,d’avoir diffusé Flics, une série en 4 épisodes de 52 min déjà créée par Olivier Marchal. Ce dernier s’est vite rendu compte que pour aller au bout de son concept « plus de réalisme donc plus de violence », il valait mieux aller toquer du côté de ces têtes brûlées de Canal +. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a bien fait.
Créateur, scénariste et réalisateur de Braquo sur les 5 premiers épisodes, Olivier Marchal s’est entouré des meilleurs avec, côté casting, des acteurs de ciné comme Jean-Hugues Anglade, Nicolas Duvauchelle ou Samuel Le Bihan. Hervé Chabalier est à la production ; quant à la réalisation des 5 derniers épisodes de cette saison 1, elle a été confiée à Frédéric Schoendoerffer, l’autre grande référence du film de gangsters (voir les DVD policiers « Truands », « Agents Secrets », « Scènes de crime »). Gros plans façon western sur les perso, caméra embarquée dans les courses poursuites, tension des interrogatoires… Schoendoerffer et Marchal sont sur la même longueur d’ondes, et livrent un petit chef d’œuvre en « qualit’ ciné » de 8 épisodes.
Braquo, une histoire d’anti-héros
L’autre raison du succès de Braquo, en dehors de ses énormes qualités esthétiques, c’est son histoire bien prenante. Olivier Marchal nous décrit le quotidien peu reluisant d’une bande de flics de la PJ, prit dans un engrenage irrémédiable après le suicide d’un des leurs. Ils ont la Police des Police au cul, et aggravent leurs cas à chaque épisode. C’est simple, on ne peut s’empêcher de penser à chaque fois : « Ils sont dans la merde !! Là, c’est la fin ». Dans la lignée des séries tv américaines à succès The Shield, les personnages de Braquo sont des flics aux méthodes de voyous. Ripoux (ils n’hésitent pas à se servir au passage), violents mais aussi terriblement humains.

Des anti-héros très tendance qui ne veulent qu’une chose au début de l’histoire : laver l’honneur de Max Rossi, un de leurs collègues accusé à tort de sévices sexuelles sur un prévenu. C’est le point de départ mais pas le seul fil rouge de cette première saison. On pense notamment à tout le passage (épisodes 4,5 et 6) de la séquestration de Walter, à ce boulet de Serge Lemoine, puis aux révélations des épisodes 7 et 8 (pourquoi le procureur Vanderbeke en veut tellement au groupe de Kaplan). La grande différence avec les séries policières françaises classiques, c’est aussi le langage fleuri des perso et des scènes « choquantes » parce que jamais montrées à la télévision à une heure de grande écoute (bébé retrouvé dans une poubelle, interrogatoire d’une femme nue, torture, flics qui se défoncent…). Pour autant, Braquo n’est pas glauquissime, l’amitié, l’amour et le besoin de tendresse ne sont jamais très loin, et comme dans toute bonne série d’anti-héros, on les aime ces salauds !
Pour ceux qui l’ont raté sur Canal +, le DVD Braquo Saison 1 est déjà sorti à la vente. La série est aussi dispo en VOD sur le site de Canal+. Vu le braquage d’audience qu’elle a réalisé, une saison 2 est déjà en cours d’écriture. On a hâte de revoir Edddy, Théo, Walter et Rox. D’autant que cette première saison se termine sur un terrible cliffhanger. Olivier Marchal connaît ses classiques…


